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Championnat du monde de Pair Go amateur 2017 (épisode 1)

Trois ans après notre première participation, Nyoshi et moi avons à nouveau eu la chance de représenter la France au championnat du monde de Pair Go à Tokyo. En 2014, nous avions profité de l’événement pour faire un petit périple à travers le pays et visiter Kyoto, Osaka, Nagoya et bien sûr Tokyo. Cette année Nyoshi avait décidé de voyager en famille, profitant du fait que son petit frère vive au Japon actuellement pour lui rendre visite avec ses parents. De mon côté, la date du tournoi ne tombant pas pendant les vacances scolaires, je dus me contenter du strict minimum et j’entamai donc mon marathon le jeudi 30 novembre à midi en montant dans le bus pour Francfort où je devai m’envoler pour Tokyo.

Cette édition 2017 nous a permis d’avoir deux confirmations : la première est que Nyoshi et moi n’avons vraiment pas de réussite lors des compétitions internationales. Après nos multiples déconvenues aux championnats d’Europe et notre première participation au championnat du monde qui était passée relativement inaperçue, nous allions à nouveau vivre un calvaire lors de ce tournoi. La deuxième confirmation, qui explique peut-être aussi nos résultats décevants est que le championnat du monde de Pair Go, avec l’enchaînement des parties, réceptions, réunions et autres obligations mondaines est un véritable marathon et qu’il est préférable d’être en bonne condition au moment de l’entamer…

Après un voyage étonnamment tranquille, j’arrivai donc à Haneda vendredi 1er décembre en début d’après-midi. La compétition se déroulant dans le même hôtel au centre de Tokyo depuis 28 ans, je ne m’étais pas vraiment inquiété de la façon dont j’allais faire le trajet de l’aéroport à l’hôtel. Connaissant les joueurs de go peu prévoyants, l’organisation japonnaise nous avait en plus envoyé un itinéraire détaillé, qui n’a cependant pas empêché plusieurs participants de prendre le mauvais métro.

De mon côté j’arrivai tranquillement à l’hôtel Metropolitan Edmont en milieu d’après-midi. Je posai rapidement mes affaires dans la chambre, retouvai ma partenaire qui m’informa que sa valise s’était perdu entre Prague, Amsterdam et Tokyo et qu’il fallait donc qu’elle aille s’acheter des vêtements mais qu’elle ne pourrait rien faire pour le costume traditionnel…

Si pendant quelques jours nous sommes accueillis royalement par la fédération internationale de Pair Go, logés dans un superbe hôtel, délestés de toute contrainte organisationnelle, nous devons aussi nous montrer dignes de cette accueil et du prestige de la compétition à laquelle nous participons. Pour cela, on nous demande évidemment de respecter le programme à la minute près. Des invités prestigieux, joueurs renommés, personnalités sportives, politiques ou artistiques participent à l’événement qui est largement couvert par les medias. Nous nous devons donc de respecter le planning. Il nous est bien spécifié dans le règlement que les joueurs sont tenus de porter une tenue adaptée au prestige de la compétition et que par conséquent la veste et la cravates sont obligatoires pour les garçons. Enfin la dernière obligation est de porter lors d’une partie d’exhibition et de la cérémonie de gala un costume traditionnel de notre pays. Nyoshi allait donc devoir partir à la recherche d’un nouveau tailleur mais elle ne pourrait malheureusement arborer cette année la fameuse coiffe alsacienne, déjà exhibée en 2014, me laissant seul porter le gilet traditionnel lors de la réception.

Je la laissai donc partir en expédition shopping et je profitai d’un rare moment de répit pour aller me balader dans le quartier. De retour à l’hôtel en fin d’après-midi, nous commencions à retrouver plusieurs amis, participants représentant d’autres pays, ou invités officiels, comme Motoki Noguchi qui est convié chaque année pour aider les organisateurs à accueillir les participants. Avec quelques camarades nous partîmes dîner dans le restaurants à sushi de l’hôtel et nous poursuivîmes la soirée en buvant quelques verres dans un bar voisin. Après ce long voyage et cette première soirée à Tokyo, je me couchai donc à une heure raisonnable, prévoyant d’aller courir le lendemain matin, avant de rejoindre la cérémonie d’ouverture à laquelle nous étions conviés à 12h50. C’était sans compter sur le décalage horaire, qui avait cette année prévu de pimenter quelque peu mon marathon…

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Ce n’est pas mon réveil qui me tira du lit le lendemain, mais la sonnerie du téléphone de la chambre. Les joueurs de go sont certes imprévisibles et généralement peu enclins à respecter les conventions sociales mais j’étais quand même étonné que quelqu’un me téléphone avant 9h du matin. Par acquis de conscience je vérifiai tout de même l’heure à ma montre et m’aperçus qu’il n’était pas 9h mais 13h et que c’était probablement ma partenaire qui m’appelait paniquée à l’idée que nous allions déjà déshonnorer la France avant même le début du tournoi. J’enfilai donc mon costume en vitesse et fonçai dans l’ascenseur, la cravate dans la poche de ma veste. J’étais accueilli sept étages plus bas par le regard noir de Nyoshi. Nous passions rapidement à la photo officielle et allions nous asseoir en face de nos adversaires. Mon retard était apparemment presque passé inaperçu. La seule véritable conséquence allait être l’état de forme probablement peu optimal dans lequel nous allions affronter nos premiers adversaires Japonnais, futurs champions du monde.

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Le championnat du monde de Pair Go, comme nous l’appelons en Europe, officiellement “International Amateur Pair Go Championship” a été organisé pour la première fois en 1990 à Tokyo, à l’initiative de M. et Mme Taki qui sont à l’origine de la création et du développement du Pair Go. C’est leur société, Pandanet, qui est le principal contributeur de l’événement qui réunit chaque année trentre-deux paires. Vingt paires représentant vingt pays différents, parmi lesquels la Chine, la Corée, Taiwan évidemment, mais aussi quatre autres pays asiatiques, neuf pays européens, trois pays américains et l’Australie affrontent également douze paires issues des différentes provinces du Japon. C’est donc une de ces douze paires que nous avons affrontée lors de la première ronde. Généralement les paires japonnaises sont de bons niveau, mais l’une ou l’autre d’entre elles, représentant une région plus reculée, peut être assez abordable. C’est souvent l’âge de nos adversaires qui nous permet de deviner si nous allons passer un moment difficile ou non, nos chances de l’emporter étant généralement inversement proportionnelles à l’âge de nos adversaires.

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Nous comprîmes donc très rapidement que Yuta Takizawa et Marie Unegawa étaient bien plus forts que nous. Motoki allait d’ailleurs nous le confirmer dès la fin de la partie, nous révélant que le monsieur possédait plusieurs titres de champion amateur du Japon à son palmarès et que la demoiselle était d’un niveau comparable au sien. Mais nous n’avions pas à avoir honte de notre première partie qui avait été plutôt disputée. Le lendemain, à la fin du marathon, Yuta me montra d’ailleurs une séquence qui aurait pu compliquer les choses au moment où nous avons pris la décision d’abandonner. Nos adversaires étaient par ailleurs très sympathiques. Yuta me révéla qu’il était policier mais avait décidé de mettre son travail entre parenthèses pour se consacrer davantage au go.

 

A peine la première partie terminée, nous étions invités à aller nous changer pour revêtir notre costume traditionnel à l’occasion de la partie d’exhibition, ou match de “bienfaisance”, auxquels sont conviés tous les participants mais également plusieurs joueurs professionnels, les principaux contributeurs et quelques personnalités. Je m’interrogeais d’ailleurs sur l’identité d’une jolie jeune fille occidentale aux cheveux roses, parlant parfaitement japonnais. On m’apprit qu’il s’agissait d’une chanteuse qui animait également une émission de go à la télévision. Pour cette partie, je n’étais malheureusement pas associé à la jolie jeune fille mais à une charmante “mamie”, qui joua plutôt pas mal avant de me rendre fou en dillapidant toute notre avance dans le yose contre un monsieur japonnais et la représentante américaine. De son côté, Nyoshi eut la chance de jouer avec un jeune professionnel qui avait fait rire l’audience lors de son discours de présentation. Peu importe le résultat des parties, ce match de bienfaisance est toujours un des moments sympas et spectaculaires du championnat, idéal pour la promotion du pair go auprès du grand public, des sponsors et des medias.

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Les parties à peine terminées, nous étions invités à nous rendre dans le salon voisin pour la traditionnelle cérémonie d’ouverture interminable aucours de laquelle, les responsables des différentes fédérations enchaînèrent les discours en japonnais et en anglais. Parmi les principaux intervenants figurait notamment Kentaro Asahi. Motoki m’apprit qu’il s’agissait d’un député, ancien joueur de beach volley ayant représenté le Japon aux JO de Pékin et Londres. A l’approche des JO de Tokyo en 2020, la fédération japonnaise de Pair Go fait le forcing pour augmenter la visibilité de la discipline afin qu’elle soit intégrée au programme officiel des Jeux Olympiques. Au cours de son discours, M. Asahi eut la grande idée de faire allusion au tirage au sort de la coupe du monde de football ayant eu lieu la veille. Le Japon étant dans le groupe de la Pologne et de la Colombie, il demanda aux représentants de ces deux pays de lever la main pour qu’il puisse les saluer. Malheureusement, il n’y avait pas de paire représentant ces deux pays. J’ai un moment considéré la possibilité de lever la main pour me faire passer pour le représentant polonais, mais je n’avais pas à ce moment là à mes côtés de candidate qui aurait pu jouer le rôle de la polonaise… Le malaise, et le discours finalement dissipés, nous pouvions rapidement profiter du buffet avant de poursuivre la soirée dans le bar habituel.

La suite de nos aventures : la victoire du Racing vécue depuis Tokyo, notre enchaînement de défaites contre les paires japonaises et les dernières cérémonies au prochain épisode…

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Championnat de France 2017 à Strasbourg

Le championnat de France amateur 2017 aura lieu les samedi 7 et dimanche 8 octobre à Strasbourg, au FEC, 17 place Saint-Etienne.Seize joueurs s’affronteront pour désigner le successeur de Dai Junfu. Le Strasbourgeois Thomas Debarre, quatre fois sacré fait partie des favoris.Rendez-vous samedi à partir de 13h pour les huitièmes de finale. La finale aura lieu dimanche à 13h30.Le tableau des huitièmes de finale

Lee Sedol vaincu par Alphago, victoire pour l’IA et pour le Go?

L’histoire du jeu de Go, entamée il y a plus de 3000 ans, a connu un véritable bouleversement le 9 mars 2016. C’est ce jour que les joueurs de go ont cessé de dire : “Le Go est le seul jeu auquel l’humain résiste toujours à la machine”. Ce jour-là en effet, l’intelligence artificielle AlphaGo, développée par Deepmind, une filiale de Google, a vaincu Lee Sedol, lors du premier des cinq matchs qui les ont opposés. Cet événement relayé par la presse du monde entier a placé le Go sur le devant de la scène. Si d’aucuns s’interrogent sur les effets des progrès de l’intelligence artificielle pour l’humanité, les joueurs de Go, passée la déception de la défaite inéluctable du meilleur d’entre eux face à la machine, se réjouissent de l’engouement populaire généré par cet événement. Des millions de nouveaux joueurs potentiels, en particulier en occident, se sont révélés depuis ce jour. La pratique du go, cantonnée à l’Asie dans sa forme professionnelle, va-t-elle s’universaliser ? Personne n’envisageait il y a vingt ans la victoire d’un ordinateur face à un joueur professionnel. Peut-on dès lors envisager que dans vingt ans le meilleur joueur du monde ne soit plus coréen ou chinois, mais américain, français, voire Strasbourgeois ?

Voici une liste non exhaustive des documents parus dans les médias en rapport avec cet événement ainsi que les cinq parties disputées par AlphaGo et Lee Sedol, avec les commentaires de Zhao Baolong, l’entraînent chinois des joueurs professionnels européens.

AlphaGo vs Fan : Première victoire de la machine contre un joueur professionnel

Coup de théâtre dans le monde du go. On a appris hier que l’intelligence artificielle AlphaGo l’avait emporté en octobre dernier dans un match en 5 parties l’opposant à Fan Hui. Et le score est sans appel puisque la machine a remporté les cinq parties, publiées sur le site de la fédération américaine et que vous pouvez retrouver ci-dessous.

AlphaGo a été développé par la compagnie DeepMind, fondée en 2011 et rachetée par Google en 2014. L’événement historique que constitue la première victoire d’une intelligence artificielle face à un joueur professionnel à égalité sur 19×19 fait l’objet d’un article dans l’hebdomadaire scientifique Nature, à paraître ce vendredi.

Voici l’article complet, ainsi qu’une explication plus concise du fonctionnement de l’intelligence artificielle.

La presse a rapidement relayé l’information aujourd’hui. Voici l’article paru dans le monde, ainsi que l’interview de Fan Hui. BFMtv y consacre également quelques minutes dans son journal de midi aujourd’hui.

Cette victoire est aussi celle de Google face à Facebook dans la course qu’ils ont entamé pour surpasser l’humain au go. Mark Zuckerberg mentionne la recherche menée par facebook dans ce domaine dans cette vidéo.

Dans le monde du go, outre l’AGA qui publie les parties et annonce un commentaire par Myungwan Kim sur sa chaine Youtube demain, Antti Törmänen récemment devenu pro au Japon se risque à une première analyse sur son blog.

Voici une dernière sélection d’articles dans plusieurs langues. Une rencontre fortement dotée face à Lee Sedol est déjà annoncée pour le mois de mars !

 

 

Victoires de Tanguy contre Artem et de Thomas contre Catalin.

Nos jeunes français se distinguent ces dernières semaines. En décembre, Tanguy, Rémi et Denis ont participé à un tournoi international par équipes en Chine au cours duquel ils ont notamment affronté la Corée. Lors de ce tournoi, ils ont également perdu contre l’Ukraine, mais Tanguy s’est imposé face à Artem ce qui constitue une belle performance.

En janvier l’équipe de France affrontait la Roumanie pour le compte de la quatrième journée du championnat d’Europe par équipes. En l’absence de Fan, j’alignais une équipe très jeune composée de Thomas, Tanguy, Benjamin DG et Rémi qui ont tous entre 20 et 23 ans. Si Tanguy et Benjamin ont dû rapidement plier, Rémi et Thomas nous ont assuré le match nul. Voici la belle partie de Thomas face à Catalin au cours de la quelle Thomas a su maintenir une courte avance tout au long de la partie.